L’environnement en quelques maux et chiffres

L’environnement en quelques maux et chiffres

Mis à jour en mars 2024

Pollution et réchauffement climatique sont deux termes qui marquent de plus en plus notre quotidien. On nous demande de trier, les supermarchés élargissent leur gamme de bio, facebook fait circuler des vidéos d’océans dévastés par le plastique. On vous propose de faire le point sur ce fléau qui menace notre équilibre planétaire. Pour y voir clair, une bonne fois pour toute.

 

1. Agir pour améliorer la qualité de l'air

Selon le Health Effect Institute basé à Boston, 99% de l’air de la planète contiendrait plus de particules fines que le seuil préconisé par l’Organisation Mondiale pour la santé. Les régions les plus irrespirables se situent logiquement autour de l’équateur où la chaleur emprisonne gaz et fumées. De nombreuses études citées par l’organisme estiment à 7 millions le nombre de décès par an directement imputables à la qualité de ce que nous respirons. Un chiffre en hausse constante bien que les émissions de certaines villes comme Londres ou Paris baissent depuis 10 ans grâce à des politiques publiques menées en matière de transport et d’énergie.

Même si la situation semble s’améliorer, en 2016, l’agence Santé Publique France estimait 48,000 décès par an dans l’hexagone liés aux particules fines et classe la pollution comme 3ème facteur le plus mortel derrière le tabac et l’alcool. Grâce aux efforts de sensibilisation, le gouvernement parle désormais de 40 000 morts par an dues à ce fléau. Une amélioration que l'on doit notamment aux confinements de la période Covid.

De l’autre coté de la manche, le Cancer Research UK répertorie 3600 cas de cancers des poumons qui résultent chaque année de cette mauvaise qualité de l’air.  

Selon l’OMS, 9 personnes sur 10 respirent mal en 2018. En général, ce sont les pays à revenu élevé qui présentent les niveaux de pollution de l’air ambiant les plus faibles [] dans les villes des pays européens à revenu élevé, il a été prouvé que la pollution de l’air diminuait l’espérance de vie moyenne de 2 à 24 mois, en fonction des niveaux de pollution. Si les différentes COPs et leurs participants rechignent à prendre les mesures qui inverseraient enfin des tendances mondiales alarmantes, les citoyens sont bien décidés à agir. Des activistes multiplient les opérations coup de poing pour alerter sur le changement climatique et après plusieurs menaces de procès, la Suisse est le premier pays condamné pour inaction climatique et le terme d'éco-anxiété apparaît pour qualifier le sentiment de désespoir qui étreint la jeunesse au point que 45% d'entre eux disent en vivre les symptômes dépressifs.

Pour donner le sentiment d'agir, les entreprises françaises bénéficient d'aides financières pour les aider à réduire leurs émissions.

 

2. La pollution de l'air coûte cher aux citoyens et aux entreprises

Notre santé n’est pas la seule chose de valeur affectée par la pollution. Ses méfaits coûtent cher et rongent notre pouvoir d’achat. En 2015, une commission d’enquête du Sénat a démontré que cette pollution génère un manque à gagner de plus de 100 milliards d’euros pour le pays. Ce chiffre est deux fois plus important que les pertes liées au tabac (47 milliards). Mort des prématurés, hospitalisations pour divers maux respiratoires mais aussi baisse des rendements agricoles, érosion des façades, le rapport fait état d’une situation alarmante. Le rapport incitait les pouvoirs publics à agir rapidement pour enrayer le problème d'ici 2020. A l'heure du bilan en 2020, la pollution coûte 1000 euros par an par habitant, soit 68 milliards. Cette volonté valait à la France de se classer 2ème sur 180 pays en matière de potentiel environnemental EPI en 2018 . La réalisation n'a pas été à la hauteur de ces ambitions et la France se positionne en 2022 à la 12ème place de ce classement (classement réalisé chaque année par l’Université de Yale - voir le 3e Le saviez-vous ? de cet article)

Le dossier réalisé par l’OCDE en 2015 estime à 3,2 billions de dollars les coûts de santé publique liés à la pollution de l’air dans le monde et estime que ce coût pourrait gonfler jusqu’à 25 milliards d’ici 2060. Les études montrent que tous les pays sont concernés par cette hausse des coûts liés à aux émissions de particules mais l’Inde, la Chine et les régions du Moyen-Orient et du sud de l’Asie seront particulièrement touchés, avec les conséquences géopolitiques que cela peut entraîner.

 

3. L'état de la pollution des sols et les initiatives RSE pour la biodiversité

Vous avez peut-être eu l’occasion de remarquer le deuxième problème qui prend le futur de l’homme en étau : les déchets. Pour entrer directement dans le dur du sujet ; en 2015, le chiffre avancé par le Ministère de l’environnement et l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) était de 324,5 millions de tonnes par an, ce qui faisait environ 5 tonnes par an et par français. En 2018, le chiffre augmente avec 342,4 millions de tonnes par an.  Le gouvernement a initié entre-temps un plan national de prévention des déchets 2021-2027 dont l'objectif est de mieux trier, recycler et réduire les déchets. Le 1er janvier 2024 apparaissent les dispositifs de compost. En mars 2024, le bonus réparation vise à réduire de 15 % les quantités de déchets ménagers des habitants d'ici 2030 par rapport à 2010.

 

En 2017, l'OCDE classait la France comme 7ème plus gros pollueurs du monde, une position que le pays semble maintenir. Des chiffres à remettre en perspective à la lumière des taux recyclés. Si le « zéro déchet » ou les emballages biodégradables représentent toujours la meilleure solution environnementale, il existe des millions de tonnes de plastiques dans la nature que le recyclage pourrait transformer pour un nouvel usage. Dans notre article sur l'économie circulaire, nous avons présenté certaines entreprises étudiant le moyen de retransformer le plastique en pétrole pour qu'il puisse être réutilisé sous forme de polymère à l'infini. En matière de récupération des déchets, la Belgique montre la voie. La France montre du retard sur ses objectifs de recyclage selon la commission européenne. En 2023, la France recyclerait moins de 27% de ses emballages plastiques alors que les ambitions de l'Europe sont de porter ce chiffre à 50% d'ici 2050.

Une étude publiée par la banque mondiale estime que d’ici 2100, notre quotidien devra gérer 11 millions de tonnes de déchets ce qui représente 3 fois la quantité produite aujourd’hui. Le rapport estime qu’entre 2010 et 2025, ces déchets vont augmenter de 70% si les entreprises et les consommateurs ne changent pas leurs habitudes.

Il est donc indispensable, dans une stratégie RSE de réduire sa production de déchets et son utilisation de plastiques. L'industrie alimentaire est principalement visée. Mais pas seulement. En France, ce serait Philip Morris qui serait responsable de la plus grande pollution des sols. Selon cet article des Echos, "British and American Tobacco prend la deuxième place du palmarès, suivi du groupe Ferrero puis Alma, qui produit les eaux Cristaline, Saint-Yorre, Vichy ou encore Courmayeur. Sans surprise, Coca-Cola mais aussi les groupes Japan Tobacco, Danone ou encore Haribo complètent le classement des dix entreprises les plus génératrices de déchets plastiques sur le sol français."

Il existe de nombreuses solutions pour que les entreprises prennent part à ces enjeux, en limitant les gobelets, les bouteilles d'eau et autres produits plastiques à usage unique.

 

4. Engager son entreprise dans la protection des océans

La pollution marine est sans doute le volet le plus médiatisé des dégâts causés par la consommation à outrance. En raison des nombreux courants qui traversent nos océans, impossible de cantonner nos déchets à une zone cachée des regards. Les gyres océaniques - ou tourbillons marins - entraînent la création d’îles d’ordures dont la plus populaire reste celle du pacifique nord avec une étendue équivalente à deux fois la taille du Texas.

L’immensité des mers rend par ailleurs difficile toute initiative visant à enrayer la propagation des produits chimiques et matières plastiques. Un bilan de l’UNESCO sur le sujet constate que la pollution tellurique (déchets d’origine terrestre) draguée par les habitations côtières et les fleuves représente 80% de la pollution marine à l’échelle mondiale. Ces chiffres permettent de conclure que si le transport maritime salit, il n’est pas le principal responsable. Le rapport établit aussi que l’apport excessif d’éléments nutritifs provenant du déversement des eaux usées et des écoulements agricoles sont à l’origine de nombreuses zones avec peu d’oxygènes (ou zones hypoxiques) appelées zones mortes, au sein desquelles la plupart de la vie marine ne peut pas survivre, entraînant l’effondrement de certains écosystèmes. Il y a maintenant près de 500 zones mortes, recouvrant plus de 245 000 km2 dans le monde entier, soit la surface du Royaume-Uni.

Si vous aviez déjà vu des plongeurs se baigner au milieu d’un parc aquatique de plastiques en tout genre, dites-vous que ce principe fait la règle. En effet, toujours selon l’UNESCO, le Programme des Nations-Unis pour l’Environnement estimait en 2006 que chaque Mile carré (2,5km2) de l’océan contenait 46 000 morceaux de plastique flottant en surface.

L’UNEP (ONU Environnement) constate qu’en 2010, 3,2 millions de tonnes les déchets plastiques qui nageraient au gré des courants. Avec le développement des pays émergents, ils estiment qu’en 2025, les océans devraient absorber entre 100 et 250 millions de tonnes de plastiques mal gérés.

Dans un article de Science et Avenir intitulé En 2050, il y aura plus de plastique que de poisson dans les océans, le journaliste cite les travaux de recherche de la fondation Ellen MacArthur publiés lors du forum économique mondial de Davos. En se basant sur ces travaux, l’article dresse un bilan consternant. Sur les 78 millions de tonnes de sacs plastique fabriquées chaque année, seules 14 % sont recyclées. Des chiffres incroyablement bas si on les compare à d'autres filières telles que l'acier ou le verre qui recyclent 70 à 90 % des matériaux. Pour le reste, 14 autres pourcents de ce volume de plastique d'emballage sont traités en incinération, et tout le reste est soit enfoui (40 %) soit jeté dans la nature (32 %). Le rapport précise que ces "fuites" de plastique vers l'océan se produisent principalement (80 %) depuis l'Asie. Pourtant, le problème lié à l’usage du plastique a été identifié depuis plus de 20 ans. Un bon nombre d’objets en plastique seraient toxiques en raison de la présence de bromure, un composé chimique ajouté dans le but de retarder la combustion en cas de court-circuit. Ce plastique bromé est largement utilisé dans nos produits électroménagers et électroniques quotidiens. Le tri entre les plastiques « classiques » et les plastiques bromés s’avère particulièrement difficile et ces derniers pourraient se retrouver dans des objets mis à la bouche par les enfants ou encore dans nos emballages alimentaires. Si le tri entre les différents types de plastique s’améliore, il reste le problème de base : le plastique ne peut pas être recyclé à l’infini : il peut être recyclé une fois ou deux, dans le meilleur des cas, avant de perdre des propriétés comme la souplesse et la résistance. Par conséquent, les bouteilles en plastique recyclé ne pourront jamais être composées de plus de 50% de matière récupérée, l’autre moitié devant être produite à partir d’éléments chimiques de base, rajoutant des tonnes de millions de plastique à ceux qui existent déjà.

Une entreprise spécialisée dans le transport maritime accompagnée par Rate A Company a décidé de franchir le cap suite au retour de ses parties prenantes. Les salariés en particulier souhaitaient davantage soutenir la préservation des océans que la lutte contre la pauvreté, à la grande surprise de la direction. Cet engagement associatif avec une fondation agissant pour la recherche devrait permettre à l'entreprise d'anticiper les avancées en matière de pollutions marines.

Les répercussions de la pollution ne se mesurent pas seulement sur notre bien-être ou la beauté des paysages, elles touchent avant tout le portefeuille. Entre la dégradation des bâtiments, le nettoyage des plages, le manque à gagner des zones balnéaires, des activités de pêche, l’UNEP publiait en 2018, les déchets marins génèraient un coût d’environ 8 milliards par an. En 2022, l'OCDE publie un rapport dans lequel il estime que la prévention de la propagation des déchets terrestres de 38 pays européens dans l'océan couterait entre 54 milliards et 74 milliards d'euros

 

Le saviez-vous ? Il est très économique pour les sociétés de se fournir en matériaux recyclés. Selon le Journal de l’environnement qui cite les recherches d’universitaires chinois et australiens, la récupération des matériaux couterait en moyenne 13 fois moins cher que le procédé original d’extraction et de transformation. L’or composant les déchets électroniques serait l’exemple le plus probant avec 1.286 euros le kilogramme pour du recyclé en 2015 contre 30.708 €/kg pour l’extraction, soit 24 fois moins cher, note l’article. Une véritable manne quand l’on sait que l’extraction devient de plus en plus onéreuse à mesure que les ressources naturelles s’épuisent. Les prix du recyclé baissent autant que les déchets augmentent. Les industriels n’ont plus d’excuse pour ne pas afficher fièrement l’utilisation de matériaux de seconde main.

 

Le saviez-vous ? Ce qui conduirait immanquablement au « zéro décharge », à défaut du « zéro déchet », c’est bien la taxation. Or tant que le coût de la mise en décharge, à la tonne, sera plus faible que celui de l’incinération ou du recyclage, ce dispositif restera une solution économique malgré tous les efforts déployés pour la bannir. Ces dernières années, la Grande-Bretagne, la Suède, les Pays-Bas, l’Autriche et la Belgique (la Wallonie) ont été motrices dans ce domaine. Quand la France rejoindra-t-elle le mouvement ? Extrait de The Conversation.

 

Le saviez-vous ? La France est classée 12ème des pays avec le plus fort potentiel écologique selon l’EPI (Environmental Performance Index), une étude annuelle réalisée par l’Université de Yale aux Etats-Unis sur 180 pays. L’étude prend plusieurs critères en compte comme la qualité de l’air, de la terre et des eaux mais aussi la capacité et la volonté des pouvoirs publics à investir dans de nouvelles technologies vertes ou celle de sa population et communauté d’affaires à agir pour l’environnement. Un recul en arrière puisqu'en 2018, la France se classait 2ème. Le champion 2022 est le Danemark montrant de nouveau l'avance des pays du nord sur avec la Finlande en pole position sur l'indice du bonheur.

 

 

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